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Activité des sénateurs

Retraites : seuls le Medef et Ciotti vous soutiennent encore

19 janvier 2023

Déclaration d’Éliane Assassi, président du groupe CRCE, lors des questions d’actualité du mercredi 18 janvier 2023.

Mme la Première ministre, vous qualifiez votre projet de réforme des retraites de juste, solidaire et pérenne. La réalité n’est pourtant pas celle-ci. Pourquoi ?

Votre projet est injuste puisque vous allongez la du-rée de cotisation à 43 annuités et l’âge de départ en re-traite à 64 ans. Ce sont principalement les ouvriers, les employés et les femmes qui seront pénalisés.
Votre projet est injuste puisque les salariés les mieux rémunérés vont davantage capitaliser pour leur retraite tandis que la grande majorité des travailleurs ne pourra pas bénéficier du minimum de pension à 1 200 euros bruts.

Votre projet est injuste car vous allez appauvrir les séniors qui seront plus longtemps au chômage et que vous avez précarisés à l’extrême. Votre projet ne sera pas pérenne car vous ne changez pas le logiciel du financement. D’autres solutions existent pourtant : il suffirait - et ce n’est qu’un exemple - de taxer de 2% la fortune des milliardaires.

Vous avez versé 160 milliards d’euros aux entreprises sans contrepartie pendant la crise Covid. Ce « quoi qu’il en coûte » ne peut-il être décidé pour garantir une vraie retraite, en bonne santé, une retraite se-reine ? C’est un choix de société qui est à faire. Un monde de juste répartition des richesses pour l’intérêt général ou celui d’un CAC 40 gorgé de dividendes.

Mme la Première ministre, vous avez choisi – alors qu’il n’y a pas d’urgence extrême - d’utiliser une loi de financement de la Sécurité sociale rectificative pour restreindre les débats parlementaires à 20 jours à l’Assemblée nationale et 15 jours au Sénat. C’est un super 49-3 que vous avez dégainé. Des voix s’élèvent pour souligner l’inconstitutionnalité de votre dé-marche.

Mme la Première ministre, c’est parce que cette réforme voulue par E. Macron est injuste et qu’elle frappe les plus faibles, qu’elle est rejetée très massivement.

Avec l’ensemble des syndicats, la société tout entière est vent debout et seuls le MEDEF et M. Ciotti vous soutiennent encore. Mme la Première ministre, nous relayons ici le vaste mouvement qui s’enclenche.

Et dès demain, le 19 janvier, nous serons dans la rue avec le peuple qui exige le retrait de votre projet.

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